Echappées Belles - Un été dans les Alpes

ÉCHAPPÉES BELLES

LES ALPES

CHAMONIX

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Chaque jour depuis 1958, les secouristes du PGHM, le peloton de gendarmerie de haute montagne, de Chamonix viennent en aide aux randonneurs et alpinistes en difficulté. Unemission aussi noble que périlleuse quand on a pour lieu de travail le massif du Mont-Blanc. Nous avons embarqué à bord de leur hélicoptère. 24 HEURES AVEC LES SECOURISTES DE HAUTE MONTAGNE

T E X T E D E V I N C E N T N O Y O U X – P H O T O G R A P H I E S D E G I L L E S L A N S A R D

« Un bras cassé sur le Tacul ! » Branle- bas de combat à la DZ (drop zone) des Bois, la base du PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) de Chamonix. Deux hommes sautent dans l’hélicoptère de la Sécurité civile, qui tourne en alternance, une semaine sur deux, avec celui de la gendarme- rie. Le pilote est déjà à bord avec son mécanicien, chargé également de treuiller le secouriste et la victime. En moins de cinq minutes, l’équipage est prêt à s’envoler ! Une demi-heure après l’appel de détresse, le blessé atterrit sur la base, blême de douleur. Le médecin urgentiste l’ausculte. D’un geste sûr, il remet son épaule en place. « Vous pouvez partir ! » Et l’alpiniste retrouve le sourire… Depuis sa créa- tion en 1958, le PGHM de Chamonix est le saint-bernard du massif du Mont- Blanc. Le quotidien de ses secouristes

De satisfaction, le plus souvent. « On peut faire jusqu’à 20 interventions par jour, mais il n’y en a jamais deux iden- tiques. Hier, un parapentiste s’est écrasé sur le sommet du Brévent, un alpiniste a dévissé sur l’aiguille du Tour, une femme a glissé sur un névé, un sexagénaire a fait un mal aigu des montagnes… », énu- mère Patrice Ribes, chef d’escadron du PGHM. Le dernier cas le préoc- cupe grandement. « Il est coincé avec son ami au refuge Vallot, à 4500 mètres, avec un risque d’œdème pulmonaire et cérébral. Les mauvaises conditions météo empêchent l’appareil de se poser. Pour l’heure, l’alpiniste est en caisson de

est fait d’adrénaline, de petites et de grosses frayeurs. De deuils parfois – une quarantaine par an sur le massif.

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