Territoire d'entrepreneurs n°10
Publication animée
Territoire ENTREPRENEURS d’ #10 PREMIERSEMESTRE2022 Loire Haute-Loire
Simon Gastrein mise sur Instagram pour recruter ÀCONTRE-COURANT
STC Transports chouchoute ses salariés
DANSLESSTARTING-BLOCKS Des formations pour dessiner l’agriculture du xxi e siècle
Recruter et former pour soutenir l’innovation VENTENPOUPE
Hervé Henry, PDG de Siléane
Ce magazine vous est offert par le Crédit Agricole Loire Haute-Loire
SOUTENIR L’EMPLOI DES JEUNES
C’EST D’ABORD LES AIDER
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Le site www.youzful-by-ca.fr est édité par Crédit Agricole e-Développement, société en nom collectif au capital de 5850 € dont le siège social est situé 48, rue La Boétie 75008 Paris, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le n° 790 054 811, intermédiaire en opérations de banque et services de paiement – numéro ORIAS 13 006 097. Accès gratuit au site, hors coût du fournisseur d’accès. 09/2021 – K13315 – Édité par CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL LOIRE HAUTE-LOIRE. Société coopérative à capital variable agréée en qualité d’établissement de crédit. Siège Social : 94 rue Bergson - B.P. 524 42007 Saint-Etienne Cedex 1 - 380 386 854 R.C.S. Saint-Etienne. Société de courtage d’assurance immatriculée au registre des intermédiaires en assurances sous le n° 07 023 097. Crédit photo : Getty Images.
Édito
«Nous devons nous adapter et nous transformer»
© CA LHL
Les tendances qui émergeaient l’année dernière se confirment et s’accentuent en ce début d’année. Dans denombreux secteurs, nous devons conjuguer deuxorientations : tenir le cappour renforcer et continuer à dynamiser nos activités, et dans lemême temps, trouver des solutions innovantes pour recruter. Pour bon nombre d’entreprises, l’emploi et les compétences sont les clés de la réussite. Recruter les bons profils et les accompagner dans le développement de leurs compétences actuelles ou futures sont les ressorts fondamentaux sur lesquels nous appuyer pour apporter une grande valeur ajoutée à nos produits, à nos services, mais aussi pour continuer à innover au service de la satisfaction de nos clients. C’est la raison pour laquelle ce numéro est consacré à l’emploi : campus de forma- tionpour dessiner les contours de l’agriculture duxxi e siècle, saisir les opportunités pour créer ou redéployer son activité, accompagner la diversification de son entreprise en recrutant de nouveaux talents, prendre un second souffle en utilisant de nouveaux canauxde recrutement…Autant d’exemples de réussitesmis enavant dans cemagazine. À l’instar des autres secteurs, nous aussi, au Crédit Agricole Loire Haute-Loire, nous avons dûnous réinventer et sortir des sentiers battus.Nous avons été plus proactifs, nous sommes allés à la rencontre des jeunes et nous avons innové dans nos formats : créations d’emplois à temps partiel pour de jeunes étudiants, organisations d’ateliers pratiques pour faciliter l’insertion professionnelle, animations de conférences sur les codes en entreprise, les entretiens d’embauche, l’emploi et l’avenir professionnel. Nous sommes encore plus présents auprès des écoles et renforçons nos collaborations avec tous les acteurs locaux agissant pour l’emploi. Très récemment, nous avons travaillé avec une start-up du Village by CA pour réfléchir à de nouvelles pratiques en matière de ressources humaines. Acteur engagé pour l’emploi et l’insertion professionnelle, en 2021, nous avons recruté 80 apprentis et projetons d’en recruter 100 en2022.Nous souhaitons aussimieux nous faire connaître en tant qu’employeur local et développer notre attractivité en faisant découvrir nosmétiers et leur diversité, mais aussi leurs évolutions. Car, comme pour de nombreux secteurs d’activité, le contexte actuel et les nouveaux usages de nos clients nous challengent et, pour notre pérennité, nous nous devons de continuer à nous adap- ter et à nous transformer. Stéphanie BOIRON DIRECTRICE DES RESSOURCES HUMAINES ET DE LA TRANSFORMATION CRÉDIT AGRICOLE LOIRE HAUTE-LOIRE
PREMIER SEMESTRE 2022 - #10 - TERRITOIRE D’ENTREPRENEURS LOIRE HAUTE-LOIRE
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SOMMAIRE
Dans les starting-blocks Campus Agronova dessine l’agriculture du XXI e siècle L’IMSE adapte ses formations aux besoins du marché
p. 7
Opportunités «J’ai créé une agence de marketing d’influence axée sur la performance, là où il n’y en avait pas» Entretien avec Quentin Mittelette, cofondateur de Beastly p. 11
p. 13 Opportunités Dessintey propose un dispositif unique pour soulager les victimes d’AVC Thomas Bouvard crée en toute liberté Maxime Coulon, le menuisier qui fait du sur-mesure
Mention spéciale Rencontre avec quatre entrepreneurs qui ont fait de l’emploi leur priorité
p. 15
Éric Colleter
Jocelyn Lardet
Gilles Mouchiroud
Mylène Pradier
Photos : © Vincent Poillet
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p. 20
La Tribune du Crédit Agricole Loire Haute-Loire «Vous me parlez “marché de l’emploi”, je vous réponds “marché de la formation” !»
À contre-courant Le groupe Rolland fidélise ses employés pour mieux recruter STC Transports chouchoute ses salariés Simon Gastrein mise sur Instagram pour recruter
p. 21
Vent en poupe MACH1 PREND DE LA VITESSE p. 26
© Cédric Daya
Vent en poupe Un projet d’académie pour Siléane AEP Group - Former, le faire savoir et créer des synergies locales
p. 29
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Hervé Henry, PDG de Siléane Recruter et former pour soutenir l’innovation VENTENPOUPE
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PREMIER SEMESTRE 2022 - #10 - TERRITOIRE D’ENTREPRENEURS LOIRE HAUTE-LOIRE
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La dynamique en chiffres
UN TERRITOIRE PROMETTEUR POUR L’EMPLOI MALGRÉ DES DIFFICULTÉS À RECRUTER En 2021, le marché de l’emploi en Loire et en Haute-Loire affichait des indicateurs favorables, même si certains secteurs peinent à trouver les bons candidats.
CHIFFRES D’AFFAIRES DES ENTREPRISES
DEMANDES PRÉALABLES À L’EMBAUCHE À LONG TERME
Des entreprises en croissance et unmarché de l’offre encourageant (2)
+ 7,8% + 14,2%
+ 56,6% + 60,4%
Loire
vs 2020
vs 2020
Haute-Loire
Un nombre de demandeurs d’emplois (1) en baisse (3)
RÉPARTITION DES PROJETS DE RECRUTEMENT PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ (4) Source : Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2021, Pôle Emploi, janvier 2022
37,4%
Services aux particuliers
16,3% 15,5%
soit - 10,7% soit - 10,8%
Services aux entreprises
34 970 8 480
Loire
vs 2020
Industrie
Haute-Loire
14%
Commerces
soit - 9,7% vs 2020
3,5millions
France
9,6%
Agriculture
7,3%
Construction
sur un nombre de 28650 projets de recrutements en Loire et Haute-Loire, en 2021
3 secteurs peinent à trouver les bonnes recrues (4) PART DES PROJETS DE RECRUTEMENT JUGÉS DIFFICILES PAR SECTEUR 80% 60% 51%
pour: • la formation des salariés et des demandeurs d’emploi • une prime à l’embauche en contrat de professionnalisation pour les demandeurs d’emploi de longue durée Le plan national de réduction des tensions de recrutement, un levier pour nos territoires 1,4Md€
Les services aux entreprises
L’industrie
La construction
(1) Demandeurs d’emplois de catégorie A: personnes n’ayant exercé aucune activité depuis aumoins un an. (2) Source : DREETS Auvergne-Rhône-Alpes – point au 30/09/2021. (3) Source : Direction régionale Pôle emploi – chiffres 3e trimestre 2021. (4) Source : Enquête « Besoins en main-d’œuvre 2021 », Pôle emploi.
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Dans les starting blocks
POUR DESSINER L’AGRICULTURE DU XXI e SIECLE DES FORMATIONS
©Agronova
l’agriculture àproprement parler, leCampusAgronova forme aussi bien des salariés agricoles que des chefs d’exploitation.Demêmepour lamécanique agricole, les apprenants sont accueillis de la seconde générale à la licence. Àcôté de ces formations enprise directe avec l’agriculture, leCampusAgronovapropose éga- lement une filière commerce et, depuis la rentrée 2020, unefilière agroalimentaire. «Lapremière couvre le champ des produits alimentaires, des boissons, des produits agricoles et de la jardinerie, avec les végétaux, les animaux d’élevage et de compagnie. Quant à la seconde, elle apporte une réponse aux besoins de l’in- dustrie agroalimentaire, qui est particulièrement déve- loppée sur notre territoire», détaille ÉricMartin.
ANCRÉ AU CŒUR D’UN TERRITOIRE QUI ENTEND VALORISER SES SAVOIR-FAIRE AGRICOLES, LE CAMPUS AGRONOVA ADAPTE SON OFFRE DE FORMATION AUX NOUVEAUX DÉFIS DE LA FILIÈRE.
D e la troisième à la licence, le Campus Agronova propose un panel de forma- tions majoritairement destinées aux métiers de l’agriculture et aux activités connexes, qu’il s’agisse de commerce,
d’agronomie, ou des équipements agricoles. Chaque année, 750 appre- nants sont pris en charge dans l’éta- blissement de Précieux et dans son antenne délocalisée, à Saint-Ge- nest-Malifaux. «Sur ce total, 350 sont des apprentis qui partagent leur temps entre les enseignements dispensés au lycée et leur travail dans les exploita-
Comme c’est le cas pour toutes les formations professionnali- santes, les cours dispensés sur les deux sites duCampusAgronova intègrent une partie pratique et, à cet effet, ils abritent une exploi- tation agricole. Celle de Saint- Genest-Malifaux, tournée vers l’élevage caprin, s’est déjà engagée
Du CAP à la licence, des formations continues et en alternance
1978 Début de l’activité de formation pour adultes et apprentissage du lycée agricole de Précieux. 2018 Réunion de présentation aux clubs à la halle André-Vacheresse. 2021 Forte augmentation des effectifs suite à l’entrée en application de la loi de 2018 réformant l’apprentissage et la formation professionnelle.
tions ou les entreprises qui les accueillent», précise ÉricMartin, directeur adjoint duCampusAgronova, chargé des formations par apprentissage et des for- mations pour adultes. DEUX SITES ET DEUX EXPLOITATIONS AGRICOLES Réparties sur deux sites, les formations dispensées sur le Campus Agronova se concentrent sur quatre filières et sont déclinées au travers de 20 diplômes allant duCAP à la licence. Ainsi, pour lesmétiers de
dans une démarche d’agriculture biologique, tandis que celle dePrécieux, spécialisée en lait bovin, débu- tera sa conversionà la rentrée 2022. « Cettemutation s’étalera sur deux ou trois ans », indique le directeur adjoint duCampusAgronova. Elle s’accompagnera d’une restructuration profonde pour se doter d’un outil moderne et innovant. UNE NOUVELLE FILIÈRE AGROALIMENTAIRE Véritable fil rouge reliant toutes ces formations, la satisfaction des besoins de main-d’œuvre des
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Dans les starting-blocks
exploitants agricoles et des entreprises installées sur le territoire est au cœur de la démarche portée par le Campus Agronova. C’est notamment pour décliner cette stratégie que l’établissement a ouvert une filière agroalimentaire l’année dernière. Pour lemoment, elle n’accueille que sept apprentis, mais Éric Martin est convaincu que ses effectifs vont rapidement augmenter. «Tous les métiers de l’agro- alimentaire sont représentés dans la région à travers la chocolaterie, la biscuiterie et des produits issus de la transformation laitière… Notre département est d’ailleurs le premier de l’Hexagone en nombre de salariés dans cette filière», souligne-t-il. De même, la filière commerce affiche des besoins importants, et le Campus Agronova est aujourd’hui abondam- ment sollicité par des enseignes nationales comme Botanic, Jardiland, Casino, Carrefour… Pour répondre à cette demande en forte croissance, l’établissement a augmenté de 30% ses effectifs d’apprentis à la rentrée 2021. Cette dynamique devrait se prolonger cet été, car les professionnels du territoire sont à la recherche de jeunes bien formés et l’établissement est capable d’accom- pagner des projets intéressants sur toutes ses
L’ÉTABLISSEMENT A OUVERT UNE FILIÈRE AGROALIMENTAIRE L’ANNÉE DERNIÈRE.
©Agronova
blissement recrute en priorité sur son territoire. Au moins pour les niveaux allant de la seconde au Bac. Pour les BTS et les diplômes de second cycle, le Campus Agronova ouvre plus largement la porte aux candidats issus d’autres départements.
4 filières de formation 20 diplômes délivrés à partir de la rentrée 2022 750 apprenants, dont 350 apprentis et 100 adultes en formation continue
«En licence, nous avons des apprentis qui viennent de Corse, deBourgogne-Franche-Comté…», confirme-t-il. Le champ de recrutement s’élar- git également à des candidats venus d’horizons divers. Les for- mations, hier trustées par des
filières de formation. UN RECRUTEMENT
«Notre département est premier dans la filière agroalimentaire»
MAJORITAIREMENT LIGÉRIEN Le Campus Agronova contribue non seulement à maintenir une agriculture de qualité sur son ter- ritoire, mais il s’applique aussi à
accompagner les bouleversements qui agitent la filière. «Nous sommes en mesure de suivre et de soutenir tous les projets, qu’il s’agisse d’agriculture traditionnelle ou d’exploitation en conversion bio- logique, car ils vont renforcer le poids du secteur dans la Loire », insiste Éric Martin. Pour mettre en œuvre cette philosophie au quotidien, l’éta-
enfants d’exploitants agricoles, s’ouvrent aujourd’hui à un public plus large. Désormais, entre 30 et 50% des apprenants ne sont pas issus d’un cadre familial agricole. «Nous contribuons ainsi à renouveler et à renforcer le tissu agricole du territoire», conclut Éric Martin. JACQUES DONNAY
En développant un pavé “formation continue”, le Campus Agronova contribue incontestablement à la richesse du territoire. Il a ainsi créé des partenariats «DES MODULES DE FORMATION SURMESURE» extrêmement forts avec des entreprises de la distribution GMS * , et notamment avec le groupe Casino. Ses équipes ont acquis de fortes compétences dans la conception de modules de formation sur mesure, et elles apportent aujourd’hui des clés de lecture à des acteurs économiques qui ne sont pas issus de la filière agricole.» * Grandes et moyennes surfaces.
@ CA LHL
Régis Sanial, RESPONSABLEDE L’AGENCEDEDÉVELOPPEMENT TERRITORIAL ET DE L’AGRICULTURE AU SEINDUCRÉDIT AGRICOLE LOIREHAUTE-LOIRE.
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Dans les starting-blocks
L’IMSE adapte ses formations aux besoins du marché
ACCOMPAGNÉ DANS SES INVESTISSEMENTS PAR LE CRÉDIT AGRICOLE LOIRE HAUTE-LOIRE, L’INSTITUT DES MÉTIERS DE SAINT-ÉTIENNE (IMSE) FORME CHAQUE ANNÉE PLUS DE 1000 APPRENANTS.
TROPHÉE JEUNE TALENT MAÎTRE RESTAURATEUR.
DR
d’insertion professionnelle à six mois de 61%. «Sachant que dans les 39% restants, il y a tous ceux qui prolongent leur cursus et qui arrivent plus tard sur lemarché du travail, précise-t-il. L’IMSE encou- rage ses apprenants à poursuivre leurs études lorsqu’ils décrochent un CAP, pour aller vers des formations qualifiantes plus poussées : bac professionnel, brevet professionnel, brevet de technicien supérieur, brevet technique des métiers (BTM).» FORMER LES MANAGERS DE DEMAIN Ainsi les étudiants de la filière boulangerie-pâtis- serie sont invités à intégrer les BTM glacier et
Si les sept filières de formation proposées par l’IMSE (automobile, boucherie- charcuterie, boulangerie -pâtisserie, coiffure, commerce et vente, industrie hôtelière, pharmacie) n’ont aucun mal à trouver leurs apprenants, certaines pourraient aisément augmenter leurs effectifs. C’est notamment le cas de la pâtisserie, où l’IMSE n’a jamais eu autant de jeunes en formation. «Les entreprises prêtes à les accueillir sont là, affirme Sylvain Duroure. Idem pour la pharmacie. Le nouveau Deust accueille 50 jeunes et nous pourrions allègrement ouvrir 10 à 20 places en plus.» Des possibilités d’accueil en augmentation
D evenu l’Institut desmétiers de Saint-Étienne en 2019, l’ancien CFA Les Mouliniers est resté fidèle à l’ambition qui était la sienne en 1974, au moment de son ouverture : former les futurs collaborateurs qualifiés des entre- prises du territoire. Cettemission, les 60 enseignants de l’établissement l’assurent en adossant leur travail sur les besoins réels des sociétés qui accueillent leurs
apprenants, lorsque ceux-ci ne sont pas derrière les murs de l’IMSE. «L’IMSE est société civile d’intérêt collectif, explique SylvainDuroure, directeur adjoint de l’établisse- ment. De ce fait, les branches pro- fessionnelles des métiers auxquels nous formons sont présentes au
pâtissier, qui permettent de déga- ger les profils de futurs managers. Car tous aspirent plus ou moins à devenir un jour chef de brigade ou responsable d’une unité de production. Dans le cadre de leur formation, ils ont ainsi une épreuve collective au cours de
Aller plus loin et encourager les apprenants à la poursuite d’études
comité stratégique de pilotage de notre centre de formation. Elles peuvent ainsi vérifier que le projet d’établissement concorde avec leurs métiers respectifs et leurs besoins.» Cette volonté de coller aux attentes des entreprises du territoire se traduit par un taux
laquelle ils exercent, à tour de rôle, la fonction de chef d’équipe. «Cet exercice permet de distinguer ceux qui ont des compétences marquées enmatière d’encadrement », souligne Sylvain Duroure. JACQUES DONNAY
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22 collaborateurs + 185% de croissance moyenne par an + de 25 clients accompagnés dans la durée (BackMarket, Lalalab, iGraal, Fnac Darty, leboncoin) dont certains depuis trois ans + de 400
millions de vues générées à date 1 seul départ CDI depuis la création
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« À L’HEURE DES RÉSEAUX SOCIAUX, LES MARQUES ONT COMPRIS L’IMPORTANCE DES INFLUENCEURS ET DE
Opportunités
Quentin Mittelette Il n’y avait pas d’agence de marketing d’influence axée sur la performance
LEURS FOLLOWERS . DANS CE NOUVEAU LEVIER QU’EST LE MARKETING D’INFLUENCE, BEASTLY CONSTRUIT DEPUIS PLUS DE QUATRE ANS UNE VÉRITABLE SUCCESS-STORY. RENCONTRE AVECQUENTIN MITTELETTE, COFONDATEUR.
»
grer de grandes agences de communication pour gérer les stratégies “social media” d’annonceurs comme Desperados ou FDJ, s’est passionné pour le monde de l’influence. Nous sommes arrivés au même constat : il n’y avait pas ou peu d’agences conseil enmarketing d’influence, et surtout beau- coupd’opacité. C’est un ami commun, entrepreneur, qui nous amis en relation. Nos profils et nos com- pétences étaient complémentaires, le feeling était bon. Dès juin 2017, nous avons posé les bases de l’agence: proposer une offre claire, une démarche structurée et “ROIste” pour un accompagnement professionnel en vue de réaliser des campagnes de marketing d’influence de qualité.» Que pensez-vous apporter de nouveau ou de différent pour expliquer votre succès? Q.M. : «Nous cherchons à construire des relations de long terme avec nos clients, influenceurs, colla- borateurs et prestataires. Plutôt que de multiplier les campagnes one shot avec une multitude de marques, nous préférons avoir moins de clients, mais être réellement intéressés par leurs résultats et enmesure de les accompagner dans la durée sur leurs problématiques. Nous constituons ainsi des équipes dédiées, à l’écoute et réactives. Beastly est une entreprise à taille humaine. Sonmoteur, ce sont des collaborateurs passionnés et impliqués dans la réussite des clients. Nous sommes, enfin et surtout, très attentifs au retour sur investissement et à l’effi- cacité de nos campagnes. Elles doivent être rentables et avoir un réel impact pour les marques. Nous suivons plusieurs indicateurs de performance pour
Beastly a été créée en février 2018. Comment la présenteriez-vous?
Q.M. : «Beastly est une agence conseil et d’accom- pagnement stratégique en marketing d’influence, spécialisée dans la performance. Concrètement, nous travaillons avec les marques pour décliner leurs objectifs de communicationoumarketing en campagnes de marketing d’influence. Il s’agit de dispositifs créatifs portés et incarnés par des influen- ceurs sur les réseaux sociaux. Au-delà du conseil sur la stratégie à mettre en place, nous gérons également la mise en œuvre opérationnelle des campagnes jusqu’au reporting pour apporter un service clé en main. Nous accompagnons des marques de tout secteur en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. La principale cible de nos clients, ce sont des hommes et des femmes de 15 à 35 ans. Ces trois dernières années, Beastly a enregistré une croissance moyenne de 185% par an. Et de 3, nous sommes passés à 22 collaborateurs avec une dizaine d’embauches prévues en 2022. » Q.M. : «Après diverses expériences au sein de start-up dans le pilotage de stratégies d’acquisition via les leviers classiques du marketing digital, j’ai découvert en 2017 que le marketing d’influence, lorsqu’il était bien déployé, était le levier le plus rentable de tous les outilsmarketing. J’ai commencé à m’y intéresser de près. De son côté, Evan Nataf, qui avait lui aussi travaillé en start-up avant d’inté- Comment est venue l’idée de créer votre entreprise dans ce domaine?
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» 2018 Création de Beastly par Evan Nataf et Quentin Mittelette 1 res campagnes Back Market et Lalalab 2019 1 er bureau, 1 er salarié en CDI, 1 res campagnes iGraal et Blissim 2020
Opportunités
mesurer et optimiser les résultats de nos dispositifs. Nous apportons également un certain nombre de garanties – nombre de vues par exemple – en fonction des objectifs. Nos concurrents sont les agences de talents (comme dans la série Dix pour cent ) ou les fournisseurs de solutions techniques de type SaaS (1) pour l’envoi demasse à des “micro” ou “nano” profils. Contrairement à eux, nous avons plutôt tendance à travailler avec des “macro” et “top” profils, avec lesquels nous avons des liens forts, mais pas d’exclusivité pour éviter tout conflit d’intérêts. » Beastly connaît un développement rapide. Quel bilan pouvez-vous déjà dresser ? Q.M. : « L’entreprise connaît une croissance très saine sur unmarché porteur et en fort développe- ment. La pandémie de Covid-19 a joué un rôle d’accélérateur dans la prise de conscience de nom- breuses entreprises de l’importance d’une présence digitale dans le développement de leur propre activité. Les campagnes que nous avons menées pour Back Market, Fnac Darty ou leboncoin, et nos récompenses nous ont apporté une visibilité dans le milieu. Historiquement, nous avions une forte appétence pour les start-up et applications mobiles. Aujourd’hui, nous accompagnons de plus en plus de licornes françaises et américaines qui souhaitent s’exporter ou pénétrer le marché fran- çais. Les retailers et e-commerçants sont fortement représentés dans notre portefeuille clients, ainsi que les acteurs digitaux. Aujourd’hui, nous travail- lons, entre autres, avec Back Market, Vistaprint, leboncoin, iGraal, FnacDarty, Blissim, OUI.sncf…»
Comment le Crédit Agricole Loire Haute-Loire a-t-il accompagné cette montée en puissance? Q.M. : «Je suis originaire de Lyon. Le Crédit Agricole Loire Haute-Loire est un partenaire qui nous accompagne depuis le début pour couvrir l’ensemble de nos besoins, de l’ouverture de notre premier compte professionnel au dépôt du capital ou de la caution bancaire pour la location de nos premiers locaux. Ses conseillers sont très proactifs pour proposer des solutions adaptées à notre acti- vité, notamment des outils fiscaux et de ressources humaines, ainsi que des optimisations en matière de gestion de trésorerie…À titre personnel, j’ai fait le choix d’investir dans l’immobilier dans cette région car je crois sincèrement à son développement économique.» Quelles sont les perspectives qui se dégagent ? Q. M. : «Nous sommes encore clairement dans une démarche de croissance et de structuration, avec une consolidation de notre activité et de nos équipes. Nous réfléchissons au développe- ment à moyen terme d’un pôle production ou encore à l’ouverture d’une antenne à l’interna- tional. Nous avons la chance d’avoir des clients fidèles qui nous font confiance sur plusieurs marchés internationaux, ce qui nous permet de renforcer au quotidien notre expertise dans ces pays. On sent également venir la consolidation du secteur avec des acteurs traditionnels qui souhaitent intégrer cette nouvelle offre pour répondre à la demande de leurs clients… » PROPOS RECUEILLIS PAR GÉRALDINE PASCAUD-RASSE
1 res campagnes Fnac Darty et leboncoin ; prix au Grand Prix Stratégies de l’influence 2020
2021 2 e bureau, 22 e salarié, prix au Grand
Prix Stratégies de l’influence 2021
L’entreprise connaît une croissance très saine sur un marché porteur et en fort développement « » De la confiance… bien récompensée Back Market est un des premiers à avoir PRIX (1) SaaS pour Software as a Service : solution logicielle hébergée dans le cloud et exploitée par un fournisseur de services. Exemple : les outils de gestion de la relation client ou CRM.
la plateforme et valoriser le partenariat avec Mondial Relay avec une livraison à 99 centimes; • pour l’édition 2021 du Grand Prix Stratégies de l’influence, Beastly a été distinguée pour son implication dans la réalisation du livre de Lena Situations Toujours plus aux éditions Robert Laffont, vendu à plus de 350000 exemplaires.
(Squeezie, McFly & Carlito, Lena Situations…) a également renforcé sa notoriété, mais la reconnaissance du secteur est venue via ses distinctions: • la campagne Summer Mode pour leboncoin, en 2020, a reçu le prix Or lors de la première édition du Grand Prix Stratégies de l’influence. Objectif: mettre en avant cette catégorie sur
fait confiance à Beastly en 2018 pour asseoir sa notoriété, son image green et générer du trafic sur sa plateforme de reconditionnement de téléphones en France et à l’international. Le recrutement pour Fnac Darty de 1 million d’abonnés sur Instagram via des influenceurs français connus
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Opportunités
Un dispositif unique pour soulager les victimes d’AVC
NÉE EN 2017 DE LA RENCONTRE ENTRE UN MÉDECIN, UN CHERCHEUR ET UN ENTREPRENEUR, DESSINTEY DÉVELOPPE UN DISPOSITIF UNIQUE EN EUROPE. OBJECTIF : INTENSIFIER LA RÉÉDUCATION DES PATIENTS APRÈS UN AVC ET TRAITER E n France, 150000 accidents vas- culaires cérébraux (AVC) sont diagnostiqués chaque année avec un enjeumajeur de prise en charge des pertes de motricité. «Notre vocation est d’aider les thérapeutes à soigner leurs patients. Avec eux, nous ne parlons pas matériel, mais objectifs de rééducation per- sonnalisés », explique Nicolas Fournier, co- fondateur de Dessintey avec le professeur Pascal Giraux, chef de service rééducation adulte au CHU de Saint-Étienne, et Davy Luneau, spécialiste des sciences de la motri- cité. Depuis quatre ans, leur entreprise développe et commercialise des technologies de rééducation intensive ciblées sur un retour accéléré à l’autonomie des patients. C’est le cas de l’IVS3, leur produit phare, basé sur le principe de la thérapie miroir, qui stimule la plasticité cérébrale. Elle consiste à créer l’illusion que le membre malade du patient est capable de bouger. Très efficace, cette méthode est en pratique difficile à mettre en LES DOULEURS CHRONIQUES.
DE GAUCHE À DROITE : DAVY LUNEAU, PASCAL GIRAUX ET NICOLAS FOURNIER.
© Johann Trompat
novation et le développement à l’interna- tional. Points forts : des produits designés selon l’expérience d’usage des thérapeutes, une approche tournée vers le soin et une fabrication qui intègre des fournisseurs locaux. Passée par le Village by CA, décou- verte à l’occasion d’une première levée de fonds en 2019, la start-up a enregistré une croissance de 150% de son chiffre d’affaires en 2021. La limitation des déplacements à l’étranger, en raison de la crise sanitaire, a
œuvre. La solution développée par la start-up y remédie dans un contexte où un patient consacre seulement 10% de son temps à des exercices de rééducation…
COMPLÉMENTARITÉ DES COMPÉTENCES
Dessintey – clin d’œil au nom familier donné à Saint-Étienne – est le fruit de collabora- tions multiples. En 2016, Nicolas Fournier entre en relation avec Pascal Giraux et Davy
été l’opportunité d’accé- lérer le développement sur le marché français grâce à l’enrichissement de la gamme via des par- tenariats. L’avenir ? Après l’Europe – une première
Luneau grâce à Saint- Étienne Métropole. « Ils cherchaient à industria- liser leur solution, je cher- chais un projet d’entre- preneuriat. L’entente a été immédiate » , pour-
« Nous aidons les thérapeutes à soigner leurs patients »
filiale a été ouverte en Allemagne – et la Corée, la conquête des États-Unis est lan- cée ! De trois collaborateurs, la société est passée à quinze en moins de deux ans… GÉRALDINE PASCAUD-RASSE
suit Nicolas Fournier, sensible au respect des compétences et limites de chacun. L’ambition commune est de faire de Des- sintey la référence des technologies de rééducation en Europe en misant sur l’in-
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Opportunités
À 21 ANS, THOMAS BOUVARD OSE TOUT : CRÉER SA PROPRE ACTIVITÉ, VENDRE EN LIGNE ET SUR LES MARCHÉS. Créer en toute liberté « A près unCAP de pâtissier, j’ai découvert l’univers du chocolat en préparant un CAP de chocolatier. J’ai trouvé la li-
TOUT MAÎTRISER DE A À Z Le projet de micro-entreprise qu’il développe est primé en juin 2021 auxTrophées des jeunes espoirs de l’Ondaine,mais sonentourage, bien informé, le convainc d’opter pour le statut de société. Tout s’enchaîne. En août, il fabrique ses premiers chocolats dans un local trouvé par bouche-à-oreille à Aurec-sur-Loire. La vente se fera en ligne, pourminimiser l’inves- tissement, et en direct sur les marchés ainsi que les salons. Sa spécialité? Un coffret signa- ture de bonbons enchocolat demi-sphériques, conçus à partir de trois cocktails : piña colada, mojito et tequila sunrise. «Ma philosophie est de faire simple, mais de travailler des produits de grande qualité. Les fèves que je torréfie sont toutes issues de plantations familiales au Vene-
berté dont j’avais besoin pour exprimer ma créativité», explique Thomas Bouvard. Son BTM (1) de chocolatier-confiseur fait germer l’envie de créer son entreprise. Les cours l’y préparent. Son mémoire sur le bean to bar – de la fève à la tablette en français – aussi. « J’ai fait mon propre chocolat à partir de fèves de cacao brutes et j’ai adoré. Je ne peux plus travailler autrement », souligne l’artisan, marqué par son expérience auprès duMOF (2) Joël Patouillard à Privas, en Ardèche. « Je ne pouvais pas développer mes idées, contraint de respecter la gamme sans maîtriser entiè- rement la fabrication du chocolat. »
© Thomas Bouvard
zuela . » Après unbondémarrage, l’artisan, qui assure la fabrication, la commercialisation et la gestion de son entreprise, n’a qu’un but : ouvrir sa nouvelle boutique… GÉRALDINE PASCAUD-RASSE
(1) Brevet technique des métiers. (2)Meilleur ouvrier de France.
EN 2018, MAXIME COULON RACHÈTE LA MENUISERIE GONNET À CHARLIEU (LOIRE). DEPUIS, L’ARTISAN DONNE LA PLEINE MESURE DE SES TALENTS. Le sur-mesure du menuisier agenceur
de produits finis en bois et PVC. En mars 2018, le rachat de l’entreprise est effectif, grâce à deux prêts d’honneur du Crédit Agricole Loire Haute-Loire et d’Initiative Loire. Marc Gonnet part rassuré à la retraite et Maxime Coulon développe son affaire. PRENDRE LE TEMPS DE BIEN FAIRE LES CHOSES L’activité historique, élargie à l’aluminium, est conservée avec un parc de machines en- tièrement renouvelé. L’avenir, c’est un nouvel atelier pour créer sur mesure des cuisines et du mobilier. Le bouche-à-oreille va vite. En quatre ans, laMenuiserieAgencementGonnet
passe de 400000 euros à plus de 1million de chiffre d’affaires et les effectifs de 2 à 10 per- sonnes. «Je vais voir mes clients autant que nécessaire pour m’assurer que le projet est parfaitement clair. Pour le mobilier, nous uti- lisons des outils 3D, ainsi que des gabarits échelle 1 que nous mettons en place dans l’espace à aménager. Cela permet de valider d’ultimes modifications avant de lancer la fabrication», expliqueMaxime Coulon, le chef d’entreprise, heureux de compter sur une belle équipe. «J’ai de la chance d’avoir des salariés qui fournissent un excellent travail au quotidien. Je ne peux que les remercier.» GÉRALDINE PASCAUD-RASSE
© Menuiserie Agencement Connet
« J ’ai toujours eu cette idée de me mettre à mon compte. J’ai commencé comme apprenti menuisier en 2000 avec l’envie de découvrir les différentes facettes dumétier », explique Maxime Coulon. Un jour, sa belle- famille l’informe que la menuiserie Gonnet à Charlieu est à vendre. Il connaît le proprié- taire de cette société spécialisée dans la pose
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Mention spéciale
Cinq entrepreneurs à l’honneur
Créer et sauvegarder des emplois, former les futures salariés, compter sur une main d’œuvre locale ou avoir des antennes à l’international, autant d’initiatives pratiquées en Loire et en Haute-Loire. Découvrez cinq entrepreneurs qui ont fait de l’emploi leur priorité.
PROPOS RECUEILLIS PAR GUILHEM BATTUT
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Mention spéciale
INDUSTRIE atout « »
Le dispositif VIE, un véritable
Éric Colleter et David Souillat
GRÂCE À UNMODÈLE EFFICACE, CLEXTRAL PRÉVOIT D’EMBAUCHER UNE TRENTAINE DE PERSONNES. RENCONTRE AVEC ÉRIC COLLETER, CEO, ET DAVID SOUILLAT, DIRECTEUR FINANCIER DE CLEXTRAL. 10%, c’est la baisse de votre chiffre d’affaires en 2020… Éric Colleter et David Souillat : «L’impact de la crise sanitaire aurait pu être beaucoup plus important si notre modèle, qui s’appuie à la fois sur l’international et le local, avait été différent. En effet, si certains pays se sont retrouvés quasiment coupés du monde, des bulles de circulation sont restées possibles un peu partout. Nos équipes basées à l’étran- ger ont ainsi pu rayonner dans leur zone, ce qui nous a permis de poursuivre notre activité convenablement et, surtout, de maintenir la totalité de nos emplois. Mieux : au vu de notre exercice 2021 très encourageant et d’une importante progression de commandes, couplée à une augmentation significative de notre chiffre d’affaires, nous prévoyons d’embaucher trente personnes sur les trois prochaines années. » Cela aurait-il été possible sans vos sous-traitants locaux ? E. C. et D. S. : «Clextral s’appuie fortement sur un réseau local de sous-traitants. Dans un contexte de crise planétaire, il nous a permis de conserver un certain volume d’activité contrairement aux entreprises dépendantes de pays low-cost. C’est une vraie force. » Tout comme l’est le volontariat international en entreprise (VIE) ? E. C. et D. S. : «Le VIE est en effet un véritable accélérateur de carrière pour les jeunes qui se lancent dans l’aventure. Ce dispositif nous permet non seulement d’apporter du sang neuf au sein de nos équipes, mais aussi de détecter les futurs talents. Sur la dizaine de volontaires que nous avons recrutés ces dernières années, sept ont d’ailleurs reçu une proposition d’embauche à l’issue de leur contrat. Pour notre plus grand bonheur, tous ont accepté. »
CLEXTRAL Firminy (Loire)
Fondée en 1956, l’ETI (entreprise de taille intermédiaire) spécialistemondial de l’extrusion bivis, compte aujourd’hui 320 salariés (dont 250 en France). Elle est présente à l’étranger à travers 13 implantations et possède des lignes de production dans 100 pays.
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Mention spéciale
Pouvoir embaucher, c’est une victoire « AÉRONAUTIQUE
»
Jocelyn Lardet
FACE À L’EFFONDREMENT DU MARCHÉ AÉRONAUTIQUE, JET CUT A SU SE RÉINVENTER. AUJOURD’HUI, ELLE RECRUTE. RENCONTRE AVEC JOCELYN LARDET, DIRECTEUR GÉNÉRAL. La pandémie de Covid-19 a-t-elle eu des répercussions sur votre entreprise ? Jocelyn Lardet : «Avec une activité majoritairement orientée autour de l’aéronautique, nous avons subi de plein fouet la crise sanitaire. 80% de nos salariés ont dû être placés en activité partielle. Toutefois, bien conscients de notre dépendance à ce secteur, nous avions commencé à amorcer une stratégie de diversification avant l’apparition du coro- navirus. La crise sanitaire nous a finalement donné le temps de la valider. Aujourd’hui, elle nous a permis de capter de nouveaux marchés, dans le secteur de l’énergie et de la défense notamment. On s’est également diversifiés en technologie. Et puis le secteur de l’aéronautique repart. Lentement, mais sûrement. » Une conjoncture favorable qui vous a permis de sauvegarder les emplois de vos salariés… J. L. : «Effectivement : nous avons réussi à conserver 60 de nos 65 collaborateurs. Et puis, grâce au soutien de l’État, dans le cadre du plan France Relance, mais aussi de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nous allons pouvoir poursuivre notre programme d’investissement qui s’élève à 2 millions d’euros échelonnés sur les dix-huit prochains mois. » Avez-vous prévu de recruter ? J. L. : «Oui, nous sommes à la recherche d’opérateurs, de techniciens qualifiés et de personnel pour la logistique. Pour nous, qui sommes une entreprise familiale très ancrée dans le territoire auvergnat et rhônalpin, c’est une sacrée victoire. Surtout, cela nous rend très fiers de pouvoir embaucher, qui plus est dans une région très rurale et pas toujours perçue comme la plus attractive. En tant qu’entrepreneurs, c’est ce qui nous anime. »
JET CUT Yssingeaux (Haute-Loire)
Trente ans après sa création, Jet Cut est devenue la composante la plus dynamique du Groupe Énergie Métal, dont elle représente plus de lamoitié du chiffre d’affaires. Elle dispose de la plus
large gamme de découpe jet d’eau d’Europe.
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Gilles Mouchiroud POUR PALLIER LE MANQUE DE PERSONNEL, LE PISCINISTE DESJOYAUX AMIS EN PLACE DES SESSIONS DE FORMATION. GILLES MOUCHIROUD, CADRE DIRIGEANT CHEZ PISCINES DESJOYAUX, RACONTE. Le marché de la piscine explose. Comment l’expliquez-vous ? Gilles Mouchiroud : «Ces dernières années, les températures n’ont cessé d’augmenter tandis qu’en parallèle, une tendance de fond pousse les Français à se recentrer sur leur résidence principale ou secondaire. Un phénomène que la crise sanitaire n’a fait qu’ac- centuer : durant le premier confinement, les gens ont rapidement compris que partir en vacances à l’étranger serait compliqué. Du coup, ils ont investi dans des piscines. » Comment avez-vous fait pour répondre à la demande ? G. M. : «Effectivement, si fabriquer et vendre plus de piscines est une chose, trouver le personnel qualifié pour les installer en est une autre. Pour dénicher de la main-d’œuvre, nous nous sommes rapprochés de Pôle emploi afin de monter un centre spécifique poseurs piscines. Deux modules de formation ont été mis en place : “Poseur de piscines Desjoyaux” et “Technicien de piscines Desjoyaux”. Nous ne cherchions pas forcément des maçons, des électriciens ou des plombiers confirmés, mais plutôt des personnes ayant des compétences pour devenir pisciniers. » Quel bilan tirez-vous de la mise en place de ces formations ? G. M. : «Une belle réussite : les deux premières sessions nous ont permis de former 22 poseurs. La troisième, qui s’est achevée en décembre dernier, nous a permis de former 14 techniciens. Depuis, tous ont intégré les concessions locales du groupe. Ce sont autant d’emplois créés qui représentent pour nous une grande fierté. D’ailleurs, nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin puisque d’autres formations sont d’ores et déjà prévues. » Former et créer de l’emploi, c’est une grande fierté « » INDUSTRIE Mention spéciale
Depuis 1966, le groupe Piscines Desjoyaux construit et vend des piscines privées. Il possède un réseau de 168 concessions en France. En 2021, son chiffre d’affaires devrait atteindre les 150 M€ (contre 115 M€ en 2020). PISCINES DESJOYAUX La Fouillouse (Loire)
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Mention spéciale
AGROALIMENTAIRE L’emploi local est notre priorité «
»
Mylène Pradier
L’ENTREPRISE, QUI GROSSIT D’ANNÉE EN ANNÉE, A BESOIN DE PLUS EN PLUS DE PERSONNEL. RENCONTRE AVEC MYLÈNE PRADIER, DIRECTRICE DES RESSOURCES HUMAINES. La pandémie a-t-elle eu des répercussions sur votre activité? Mylène Pradier : «La fermeture prolongée de tous les restaurants ainsi que des cantines, qu’elles soient scolaires ou professionnelles, n’a évidemment pas été sans conséquences sur notre exercice 2020. Toutefois, nos ventes de légumineuses et autres céréales ont grandement augmenté durant les différents confinements. En fin de compte, cela nous a permis de contenir la baisse de notre chiffre d’affaires (60 M€ au lieu de 62 M€, ndrl) qui, depuis quinze ans, augmente de 10% à 15% chaque année. » Vous comptez aujourd’hui 150 salariés. Comptez-vous continuer à embaucher ? M. P. : «Pour faire face à une demande constamment plus importante, nous grossissons d’année en année. Nous avons donc besoin de plus en plus de place. Après plusieurs agrandissements de nos différents sites ces dernières années, nous avons récemment décidé de transformer le dépôt historique en un nouvel atelier de production. Cela nous permettra de mettre en place de nouvelles lignes de tri et de conditionnement. Or, qui dit extension, dit nouvelles embauches. » Combien en prévoyez-vous? M. P. : «Une dizaine chaque année. Et, comme toujours, nous privilégierons les embauches locales. Nous sommes très attachés à notre territoire où nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des sous-traitants très efficaces. Surtout, nous croyons au potentiel de notre région. Voilà pourquoi nous fonctionnons beaucoup avec la cooptation : nous invitons régulièrement nos salariés à nous déposer les CV de leurs proches. Ils sont prio- ritaires sur tous les autres. »
SABAROT Chaspuzac (Haute-Loire)
Sabarot, entreprise familiale spécialiste des légumes secs, céréales, graines, champignons et escargots depuis 1819, exporte aujourd’hui ses produits dans plus de 50 pays. La vente de champignons représente à elle seule 40%du chiffre d’affaires de la société.
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LA TRIBUNE DU CRÉDIT AGRICOLE LOIRE HAUTE-LOIRE
« Vous me parlez “marché de l’emploi”, je vous réponds “marché de la formation”! »
20 personnes par mois ont été recrutées en 2021, et nous en sommes fiers.
Quels ont été vos principaux objectifs dans l’accompagnement de vos clients pendant la phase de confinement ? «2021 a étémarquée par le fait de trouver de nouveaux talents dans un environnement chahuté qui n’a pas favorisé les échanges et des entretiens qui se tenaient par le passé en présentiel. Ce point est central lorsqu’il s’agit d’estimer les compétences relationnelles de nos futurs collaborateurs. Nous avons avan- cé pas à pas, en mêlant digital et humain, dans nos étapes de recrutement. Et, comme beaucoup de responsables ressources hu- maines et de dirigeants, nous avons exploité pleinement toutes les fenêtres de tir offertes par le contexte sanitaire. » Cela se traduit-il par la mise en place de nouvelles techniques de recrutement ?
© CA LHL
CATHERINEMAZARD, RESPONSABLE PÔLE RESSOURCES HUMAINES CRÉDIT AGRICOLE LOIRE HAUTE-LOIRE
«Pour identifier des talents, nous avons déployé des événements et des actions auprès des jeunes, qui cultivent notre marque employeur. Nous avons valorisé l’opportunité de travailler, non pas dans une banque, mais au Crédit Agricole Loire Haute- Loire! Ces opérations nous permettent de prendre “à la nais- sance” les collaborateurs de demain, mais aussi de susciter l’intérêt de nous rejoindre. Nous nous réinventons pour inte- ragir avec ces nouveaux collaborateurs. Nous utilisons les canaux de communication qui retiennent leur préférence. Vous l’aurez deviné, il s’agit des réseaux sociaux. Les dernières études disent qu’en France, le marché de l’emploi serait composé de 30% de marché manifeste et de 70% de marché caché. Conscients de cette situation, nous venons de créer un poste consacré à ce sujet…un chasseur de talents ! » Avec des clients de plus en plus exigeants en matière de digital, avez-vous adapté vos recrutements et mis en place des programmes de développement de compétences ? «Parce que nous avons une responsabilité toute particulière sur le territoire, nous nous réinventons quotidiennement. Nous avons revu le parcours de nos nouveaux entrants pour qu’ils maîtrisent la relation à distance et l’usage de nos outils digitaux. Un programme de montée en compétences qui s’inscrit dans la durée avec le manager. Le numérique apporte
un autre bouleversement. Nos clients sont plus informés, mais parfois mal informés. Ceci impose que nos conseillers rejoignent les meilleurs standards dans la qualité du conseil qu’ils apportent. » Quelle perception avez-vous du marché de l’emploi sur le territoire? «Nous sommes un acteur incontournable de cemarché. Nous avons recruté plus de 110 collaborateurs et 80 alternants. Nous avons également embauché 20 étudiants pour leur permettre d’avoir des ressources financières, d’acquérir de nouvelles compétences et une première expérience professionnelle. Nous sommes fiers d’avoir recruté près de 20 personnes par mois en 2021. Le tissu d’entreprises en Loire Haute-Loire est remar- quable par la diversité de ses secteurs d’activité et le nombre de ses PME et d’ETI. Une richesse associée à un enjeumajeur : disposer de collaborateurs compétents et motivés. Une équa- tion à résoudre avec la formation et l’apprentissage dans lesquels nous croyons beaucoup. Vous me parlez “marché de l’emploi”, je vous réponds “marché de la formation” ! Aujourd’hui, ce marché reste tendu, fruit de cette équation que nous cherchons collectivement à résoudre. Au Crédit Agricole Loire Haute- Loire, nous avons à cœur de recruter et faire grandir les talents qui accompagneront les projets de nos clients et leur feront vivre une expérience remarquable. »
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À contre-courant
FIDÉLISER LES EMPLOYÉS POUR MIEUX RECRUTER
LE GROUPE LIGÉRIEN ROLLAND (HUIT MAGASINS INTERSPORT) MET EN ŒUVRE UNE PANOPLIE COMPLÈTE D’OUTILS POUR DÉFIER LES PROBLÉMATIQUES DE RECRUTEMENT. AU MENU: NUMÉRIQUE, COOPTATION, FIDÉLISATION…
© Groupe Rolland
« N ous n’échappons malheureusement pas à la situation actuelle de tension généralisée sur le marché de l’emploi » , soupire Antony Rolland, le dirigeant du groupe ligérien Rolland. Celui-ci est constitué de huit magasins sous enseigne Intersport, tous en Auvergne-Rhône-Alpes (Mably, Villefranche-
MISER SUR LE PROCESSUS DE RECRUTEMENT POUR ATTIRER LES CANDIDATS «La problématique du recrutement, chez nous comme pour mes confrères, touche essentiellement les postes en contact avec la clientèle. C’était déjà le cas depuis quelques années ; nous constations que nous avions de moins en moins de profils pas-
1966 Ouverture du premier magasin, la Hutte, dans le centre-ville de Roanne (30m²). 1992 Les fondateurs, M. et Mme Villars, transfèrent le magasin aux Dames de France sur 700m² de surface de vente. 2006 Intersport Roanne s’installe dans la galerie commerciale de Carrefour Mably (1 450m²).
sionnés par la vente, mais cela s’est amplifié avec la crise du Covid-19 », note le diri- geant. Cela est dû à certaines manifestations violentes ces dernières années qui ont pu traumatiser des employés, aux horaires de travail jugés
sur-Saône, Saint-Chamond , Givors, Saint-Égrève, Saint- Martin-d’Hères, La Mure, Saint-Priest-en-Jarez), d’un magasin Giant dans le Roannais, spécialisé dans le cycle, et d’une société dédiée aux clubs et collectivités. Au
«Nos entreprises se développent grâce à nos salariés. Sans eux, rien ne serait possible»
total, le groupe emploie 300 salariés, dont 25 basés dans son siège social de Mably, pour un chiffre d’affaires total de 54 millions d’euros.
peu compatibles avec une vie familiale et sociale (soirées, week-ends). Et aussi à un mal plus profond, estime Antony Rolland : le manque de
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