Les villages préférés de nos régions
BRETAGNE
a promenade est douce le long des quais aux murs moussus, pendant que la rivière chantonne son plaisir d’être bretonne. Rivière? Fleuve plutôt, puisquel’Avensejettedans l’océan, sur un parcours total de 39 kilomètres, à Port Manec’h. C’est cette douceur et cette lumière, si changeante en fonction des marées, qui ont séduit L Entourés de sa verdure généreuse, des berges fleuries, des murs et ponts de pierre, et franchissant les passerelles au-dessus des chaos granitiques, les promeneurs découvrent la magie des couleurs de la cité des peintres.
Jacques Sierpinski /Détours en France
d’une pension pas chère, et il n’est pas le premier! Les Américains, comme on les surnomme ici, ont débarqué vingt ans plus tôt, dans le sillage de Robert Wylie. Tous n’étaient pas américains, mais tous étaient peintres, et contents de la bonne aubaine. Pont-Aven leur offrait en effet une belle nature et des pensions accueillantes. Le village est un port de cabotage depuis le xviii e siècle, un des plus importants de la Cornouaille, fréquenté par les marins qui, en attente de la marée pour repartir vers l‘océan, trouvent sur place gîte et couvert. C’est l’assurance de soirées animées, de scènes villageoises et de portraits hauts en couleur, autant de sujets pour des peintres en quête d’inspiration. Après sa première visite en 1886, Gauguin revient en 1888, en 1892 puis en 1894. Chaque fois, il séjourne à la pension Gloanec, tenue par l’accorte Marie-Jeanne, et peu
Paul Gauguin lors de son premier séjour en 1886. À contempler le village aujourd’hui, on peut se dire qu’il n’a guère changé depuis, si ce n’est la foule de touristes qui envahit ses ruelles aux beaux jours. LE DÉBARQUEMENT DES AMÉRICAINS En 1886, Gauguin est encore un jeune impressionniste, élève de Pissaro. Il vient poser ici ses chevalets, à la recherche de nouvelles lumières et
En croisière commentée, à pied ou en kayak… la cité invite à de belles balades contemplatives, de celles qui inspirèrent peut-être Paul Gauguin, Théodore Botrel et Xavier Grall dans le passé.
Franck Guiziou / hemis.fr
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