Les villages préférés de nos régions

de l’esthétique néogothique. C’est l’aile nord-ouest, dite aile des Preuses, qui présente la plus belle décoration, avec une galerie couverte ornée de corps de métier et d’un bestiaire fantastique, œuvre d’Emmanuel Frémiet, comme la statue équestre de Louis d’Orléans, au pied de l’escalier de la cour. L’intérieur séduit autant. Du côté des appartements de l’empereur, le salon de réception est un bel exemple des goûts de l’époque, avec son décor sculpté et peint, ses figures de monstres incroyables, comme cette sauterelle à tête d’éléphant; ou le cabinet de travail… avec toilettes et chasse d’eau intégrée: le Moyen Âge est loin! La chapelle est remarquable pour sa tribune au-dessus du chevet. Point d’orgue de la visite, la salle des Preuses éblouit par ses dimensions, 52 m de long sur près de 10 m de large, une voûte lambrissée à plus de 12 m et la décoration de sa cheminée à double foyer. Elle est ornée de neuf Preuses, dont au centre Sémiramis, en réalité Eugénie de Montijo, entourée de ses dames d’honneur. Ces Preuses font écho aux statues de Charlemagne et de ses preux chevaliers du côté de l’entrée. La salle de réception a une décoration murale très riche faite d’emblèmes et de blasons de souverains peints au pochoir et de panneaux de lambris sculptés. Dans la salle des Preuses, la cheminée à double foyer monumentale est ornée de neuf statues féminines qui évoquent l’amour courtois. Leurs visages s’inspirent de ceux de l’impératrice Eugénie et de ses dames de compagnie.

L’ÈRE DU THERMALISME La découverte du village est toute aussi riche en surprises. L’église Saint-Sul- pice, construite sur le site d’une église collégiale du xi e siècle, n’est plus romane que dans sa crypte, s’affiche gothique mais fut endommagée pendant la Pre- mière Guerre mondiale et reconstruite en partie. Le haut du clocher à lanter-

non fut ajouté au xvi e siècle dans un style Renaissance. À l’intérieur, ne man- quez pas les panneaux peints datés des xiv e et xv e siècles dans un style flamand, sans doute l’œuvredepeintres itinérants. Ils proviennent d’un retable et racontent des épisodes de la vie de la Vierge. Der- rière l’église se dresse la silhouette imposante d’un château en brique et

LA MAISON D’UNE PIONNIÈRE En face de l’ancienne gare, une demeure bourgeoise de brique et de pierre coiffée d’ardoises : la maison de Séverine a appartenu à Caroline Rémy. Un nom aujourd’hui tombé dans l’oubli, mais quelle figure ! Elle fut la première femme journaliste, la première à diriger un quotidien Le Cri du Peuple, journal de Jules Vallès. Dreyfusarde, féministe, pacifiste, elle fut de tous les combats pour les droits de l’homme. Elle s’installa à Pierrefonds en 1904 et y passa le reste de sa vie, jusqu’en 1929. Elle est enterrée au cimetière, aux côtés de son époux, médecin. La maison devint un temps une résidence d’été pour les femmes journalistes.

Richard Soberka / hemis.fr x 2

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