Les villages préférés de nos régions

LE VILLAGE PRÉFÉRÉ DES FRANÇAIS

La collégiale Saint-Martin de Trôo fut fondée en 1049 par Geoffroy Martel, rebâtie au xii e siècle dans le style angevin par Geoffroy Plantagenêt et remaniée au xiv e et xvi e siècles.

NAISSANCE D’UNE COLLÉGIALE Le village était protégé par des portes et desmurailles, dont des vestiges sont encore visibles dans sa partie ouest. Les plus anciennes sont dans la partie haute et remontent au xi e siècle; les sui- vantes un siècle plus tard, édifiées par Foulques le Jeune à son retour dePales- tine en suivant des principes inspirés de l’architecture militaire byzantine; elles sont fortifiées au xiv e siècle pour résis- ter aux bandes de routiers qui pillent la campagne. Trôo sera d’ailleurs victime, vers 1365, de Robert Marcault et des grandes compagnies, ces armées de mercenaires privées de travail en temps de paix, qui pillent villes et populations. Robert Marcault fait ainsi raser les maisons de la première enceinte, épi- sode malheureux qui marque le déclin définitif du village. Trôo perdra le reste de ses fortifications et son château sous Henri IV. Après la porte de Sougé, qui gardait l’accès au château, voici la col- légiale Saint-Martin et son plan en croix latine. Bâtie il y a mille ans par Geof-

froy Martel, comte d’Anjou et fils du redouté Foulques Nerra, elle n’a gardé de ses débuts que son soubassement. Au xiii e siècle, l’évêque du Mans, origi- naire de Trôo, fait édifier les voûtes, le transept de gauche, la chapelle Notre- Dame et agrandir le clocher. Tout en pierre, celui-ci fut détruit par la foudre au xviii e siècle et remplacé par un clo- À côté de la collégiale, la motte cas- trale a perdu son château, mais pas de sa superbe. Avec 50 mètres de diamètre, 14 mètres au-dessus du Loir, elle donna du fil à retordre à ses assaillants, dont Philippe-Auguste en 1188 : la ville fut prise, mais le château résista. Il faut en faire le tour pour profiter de son panorama sur la cam- pagne et la bucolique vallée du Loir. Trôo a encore des curiosités à offrir au visiteur, à l’image du puits qui parle. Daté du xii e siècle, il a alimenté le haut du village jusqu’en 1972. Profond de cher posé sur une charpente. PANORAMAS ET PATRIMOINE

45 mètres taillés dans le rocher, il bénéficie d’un exceptionnel écho à l’origine d’une légende : le diable y aurait jeté une femme trop bavarde, qui, depuis, ne cesserait de parler aux visiteurs…Au nord du village, un ancien prieuré du xii e siècle, aujourd’hui pro- priété privée, dépendant de l’abbaye de Marmoutiers à Tours ; en contre- bas, une maladrerie ou hôtel-dieu de la même époque, construit pour soigner les pèlerins lépreux sur la voie jacquaire ; un musée de la Vigne et des Objets anciens, dans une cave troglodytique ; en face de Trôo, sur la rive gauche du Loir, d’exceptionnelles fresques du xii e siècle se cachent dans la modeste église de Saint-Jacques- des-Guérets… Trôo n’a pas fini de vous surprendre ! + Trôo tourisme, 39 rue Auguste-Arnault, 41800 Trôo. 0254728750 et trootourisme. jimdofree.com. Mairie, place Sainte- Catherine. 0254735500 et https://troo.fr

Hors-série / Détours en France / www.detoursenfrance.fr

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